Ă€ propos de Waswanipi 

L'histoire

Dans les annĂ©es 1950, l'essor du cuivre Ă  Chibougamau a entraĂ®nĂ© la construction d'une voie ferrĂ©e et d'une autoroute le long du lac Waswanipi. La rĂ©gion de Waswanipi s'est alors ouverte au dĂ©veloppement extĂ©rieur. Des milliers de personnes sont venues s'installer dans les environs pour travailler dans les nouvelles mines de Desmaraisville et de Matagami ou Ă  la scierie de Miquelon, situĂ©es sur les terres de Waswanipi. Les membres de la communautĂ© sont ainsi devenus minoritaires sur leur propre territoire. Ă€ la recherche d'un emploi, certaines familles de la bande ont commencĂ© Ă  s'Ă©tablir dans ces nouveaux centres. Dans les annĂ©es 1960, la communautĂ© de Waswanipi comptait environ 400 membres, dispersĂ©s Ă  Matagami, Ă  Senneterre, Ă  Miquelon, Ă  Desmarraisville, en bordure de la rivière Waswanipi et Ă  Chapais. Quant Ă  l'Ă®le du lac Waswanipi, elle n'Ă©tait plus frĂ©quentĂ©e que lors de courts rassemblements familiaux en Ă©tĂ© ou Ă  l'occasion de mariages et de funĂ©railles. Lorsque la Compagnie de la Baie d'Hudson a fermĂ© son poste de traite en juin 1965, seulement quelques personnes âgĂ©es y sont restĂ©es, puis elles ont fini par s'en aller aussi.

Le Nord du Québec a toujours été très peu peuplé, et les Autochtones qui s’y trouvaient se déplaçaient beaucoup. Jusqu’à l’établissement des postes de traite vers la fin du 16e siècle, il n’y avait aucune installation permanente le long des côtes de la baie James et de la baie d’Hudson; dans le cas des terres intérieures situées près de Waswanipi, cela ne s’est produit que vers la fin du 18e siècle. Waswanipi était connue pour l'abondance des animaux à fourrure, notamment le castor, le lynx et la martre.

canoes, credits Hudson's Bay Company 1947

La Compagnie du Nord-Ouest, formĂ©e Ă  MontrĂ©al par des marchands de fourrure anglais après que l’Angleterre eut conquis la colonie française en 1763, a Ă©tĂ© la première Ă  instaurer un poste de traite ouvert Ă  temps plein dans la rĂ©gion de Waswanipi. Cette compagnie a commencĂ© Ă  envoyer de petits groupes d’hommes vers le nord depuis les postes de traite de l’Abitibi pour faire du troc Ă  Waswanipi et Ă  Mistissini. Dès 1775, ils menaient des activitĂ©s Ă  longueur d’annĂ©e dans une tente en rondins construite sur le lac Cheashquacheston (aujourd’hui appelĂ© lac au GoĂ©land), environ 10 km Ă  l’ouest de l’île du lac Waswanipi. Dès 1800, ils s’étaient installĂ©s sur cette Ă®le.

Quand la Compagnie de la Baie d'Hudson a visité la région de Waswanipi pour la première fois en 1819, la Compagnie du Nord-Ouest avait déjà installé quatre hommes sur l’île du lac Waswanipi. Ceux-ci faisaient du troc avec des familles autochtones de la région, qui chassaient dans les bassins des rivières Magasaci, Bell et Waswanipi.

MĂŞme avant que des maladies venues d’Europe comme la variole eurent dĂ©cimĂ© les Autochtones, il est probable qu’un maximum de 40 familles de quatre ou cinq personnes occupaient le territoire qu’on appelle aujourd'hui Waswanipi. Les registres de la Compagnie de la Baie d'Hudson datĂ©s de 1823 indiquent que 32 familles, pour un total de 136 personnes, faisaient commerce au poste de traite. Ces familles, qui se rĂ©unissaient en petits groupes d’environ douze chasseurs, se dispersaient dans le vaste territoire en hiver. Au printemps ou en Ă©tĂ©, ils se rĂ©unissaient en un point et Ă  un moment prĂ©Ă©tablis. Les familles ne se rendaient pas toutes au poste chaque annĂ©e. Certaines allaient visiter des groupes autochtones voisins, parfois pour arranger des mariages, et allaient faire du troc Ă  d’autres postes de traite, souvent celui de MĂ©giscane ou de Nemiscau.

Les archives de la Compagnie, qui retracent les allées et venues quotidiennes à chaque poste, révèlent que même au début du 20e siècle, il n’y avait jamais plus de trois familles à la fois au poste de Waswanipi. Une famille pouvait s’y rendre une ou deux fois par année, y restant environ une journée, pour y troquer ses fourrures contre les biens que les marchands avaient en très petites quantités. Leurs réserves étaient modestes parce que, jusqu’à récemment, le tout devait être transporté sur des centaines de kilomètres par canot, trajet comportant des dizaines de portages.

Navigation